
- Rose, je t’en pris,
réveille-toi. J’ai une surprise pour toi. Je crois
sincèrement que ça pourrait te faire bien plaisir.
- Hum, répondis-je en couvrant
ma tête sous mon oreiller.
- Allons, viens, insista Esmée.
Descends vite.
Puis, elle quitta ma chambre m’obligeant à me lever en ce
samedi matin. Une surprise ? Quel genre de surprise ça pourrait
bien être ? Avec le temps, j’avais appris à redouter les
surprises mais, malgré tout, ma curiosité réussissait à prendre le
dessus.
Prenant mon courage à deux mains, je sortis rapidement de mon lit
et j’enfilais rapidement un t-shirt et le premier jean qui
traînait par là. Puis, finalement, je me dépêchais à descendre au
premier rejoindre cette sois disant surprise.
Étrangement, je trouvai le rez-de-chaussée vide de la moindre
existence. Continuant devant moi, je fixai la porte d’entrée
qui avait été lâchement ouverte et toute la lumière qui entrait
dans la demeure m’éblouissait fortement. Lentement,
j’atteins l’ouverture de la demeure et je
m’attardai à ce qui se passait dehors. Esmée se tenait dehors
devant un vieux taxi jaune bien typique de la ville de New York.
Puis, la portière arrière s’ouvrit pour en faire sortir un
grand jeune homme. Ses cheveux bruns tombaient sur son beau visage
fin et son corps semblait assez fragile, mais sa masse musculaire
semblait prendre le dessus. S’approchant vers la valise de la
voiture, il prit ses sacs puis il se retourna finalement vers moi.
Ses grands yeux noisette dont j’étais la seule à présent à
posséder la copie me fixaient étrangement. Sentant alors les larmes
monter dans mes yeux en voyant cette apparition devant moi, je
courus alors vers lui pour me jeter dans ses bras. Il laissa alors
tomber ses sacs et il referma ses bras autour de moi.
- Bonjour, me dit-il.
Me reculant un peu, je le regardai dans les yeux et je ne pus
m’empêcher de remarquer qu’il semblait avoir changé, au
point de vue psychologique.
- Hayden... lâchai-je alors. Tu
es revenu... Tu t’es réveillé.
- Oui, Rose, dit alors Esmée en
posant sa main sur mon épaule mais, malheureusement, la mémoire de
ton frère prendra quelque temps avant de revenir. Tu dois donc
comprendre qu’il ne te connait pas vraiment en fait...
- Pardon, répliqua-t-il en
voyant mes yeux se remplir encore plus de larmes mais, ne vous en
faîte pas, ça devrait revenir...
Puis, il s’approcha de moi et me serrant dans ses bras.
Collée contre son torse, j’écoutais les battements de son
cœur et je compris finalement qu’il était bel et bien
en vie et que plus rien ne pourra me l’enlever à présent.
Une seule chose comptait à mes yeux, et c’était de le savoir
près de moi. Peut-être ainsi, je pourrai oublier tous ses
événements qui commencèrent par la mort de mes parents. Il y a 1
an, mon père et ma mère sont morts ensemble, lors d’un voyage
d’affaire à l’étranger. Encore et encore,
j’entendais la voix du médecin nous prévenir de la mort de
ceux-ci à cause d’un bris mécanique de l’avion. Puis,
trois mois plus tard, trouvant que je n’avais sûrement pas
assez souffert, mon frère fit un grave accident de voiture qui le
fit sombrer dans un coma pendant près de neuf mois à cause de son
ami qui conduisait ivre. Depuis, notre portrait de famille était
restée détruit, encore accroché sur le mur de notre ancienne
maison, la vitre brisée, le bois du cadre pourri et les membres de
cette famille maudite recouverts d’une épaisse poussière
grise.
Maintenant, je ne souhaitais qu’une chose, que tout
aille pour le mieux. Je ne voulais plus de cette souffrance qui me
rongeait l’âme et l’esprit.
Me reculant un peu, je regardai mon frère, puis je lui pris la main
et je l’amenai avec moi à l’intérieur. Comme si
c’était la première fois qu’il voyait les lieux, il
prit un soin fou à tout observer. Le voyant vaciller et fermer les
fermer et ouvrir les yeux, je lui pris l’autre main.
- N’en fais pas trop. Tu
finiras bien par t’en souvenir… Je ne voudrais pas que
tu perdes connaissance, ajoutai-je en riant.
Il essuya son front avec le revers de sa manche puis il me sourit
sincèrement avant de continuer à me suivre.
Arrivant au premier, je lui montrai sa chambre et il s’assit
aussitôt sur son lit et mit sa tête entre ses mains.
- Ça va ..? La chambre
n’a pas changé depuis ton accident. Ça va peut-être être
mieux pour ta mémoire…
- Oui, sûrement. Je me sens
juste un peu faible… Je ne vais pas me coucher trop tard ce
soir je crois.
- Prends ton temps surtout.
- Hum, murmura-t-il en pointant
un poster sur le mur, étais-je perturbé, où de quoi du genre ?
- Disons que tu
n’acceptais pas vraiment la... mort de nos parents. Tu en as
fait voir de toutes les couleurs à Esmée en seulement trois
mois.
Sûrement épuisé, il préféra s’étendre sur le dos et je
décidai de le laisser seul. Ça lui prendrai sûrement un certain
temps avant de ce sentir bien ici, et je souhaitais
particulièrement que tout ce passe bien pour lui. C’était
essentiel, voir même vital.
Me dirigeant à mon tour vers ma chambre, je pris mon livre sur ma
table de chevet et je poursuivie ma lecture de ce roman assez
simpliste.
***
« - Tu veux savoir,
tu vas fermer ta gueule et me laisser tranquille, je ferais bien ce
que je voudrais, tu n’es pas ma mère, loin de là.
M’approchant lentement vers cette nouvelle dispute entre
Hayden et Esmée, j’observai la scène d’un regard
impuissant. Puis, Hayden tourna les talons et quitta la demeure en
passant à côté de moi, en ne manquant pas la chance de me lancer un
regard noir.
- Esmée, dis-je en voyant
qu’elle allait pleurer. Ce n’est pas de ta
faute… »
Ouvrant lentement les yeux, je remarquai que je m’étais
assoupie en pleine lecture et je fus d’ailleurs réveillée par
ces vieux souvenirs. Le genre de souvenir qui semble si fragile,
mais qui persiste à exister. Encore et encore, ce type de
commémoration revit. Autrement dit, même si je le veux, on ne sera
jamais en paix… Jamais.
Et voilà, je
suis de retour ici.
C'est donc tout pour le chapitre un.
J'espère que vous aimerez ce chapitre de la nouvelle version, qui
en fait reste la même histoire, mais améliorer.
Bref, à bientôt avec le chapitre
deux. 